Vivre en Croatie
La cathédrale de Zagreb illuminée au-dessus de la capitale croate

Visa, formalités et fiscalité en Croatie

La réponse dépend entièrement de votre nationalité, et la moitié de ce qui circule en ligne date d'avant l'entrée de la Croatie dans Schengen.

Faut-il un visa pour la Croatie ?

Non pour un Français, ni pour aucun citoyen de l'Union européenne. La Croatie est membre de l'Union depuis 2013 et de l'espace Schengen depuis le 1er janvier 2023 pour les frontières terrestres et maritimes, le 26 mars 2023 pour les frontières aériennes. Une carte nationale d'identité suffit pour entrer, aucune autorisation préalable n'existe, et la liberté d'installation s'applique. Ce que certains appellent à tort un visa long séjour est en réalité un enregistrement de séjour, une déclaration que l'on fait sur place au-delà de 90 jours de résidence. Pour un ressortissant d'un pays tiers, la réponse est différente et dépend de la nationalité comme de la durée : dispense de visa ou visa Schengen pour un court séjour, permis de séjour pour une installation.

Français et citoyens de l'Union : l'enregistrement de séjour

C'est le point qui génère le plus de confusion, entretenue par des pages non mises à jour depuis l'adhésion de 2013.

Jusqu'à 90 jours

Rien à faire

Aucune démarche, aucune déclaration. La règle des 90 jours sur 180 qui revient partout sur le web ne vous concerne pas : elle s'applique aux ressortissants de pays tiers, pas aux citoyens de l'Union.

Au-delà de 90 jours

Déclarer sa résidence

Enregistrement auprès du MUP, le ministère de l'Intérieur. Le document délivré s'appelle privremeni boravak. Il suppose de justifier de ressources et d'une couverture maladie, et se demande une fois installé, pas avant le départ.

En pratique, un contrat de travail croate, une notification de pension, des relevés bancaires ou un justificatif d'activité indépendante répondent à la condition de ressources. Il n'existe pas de montant plancher opposable aux citoyens de l'Union, contrairement au permis des nomades numériques.

La procédure en détail
Ce n'est pas

Un visa

Un visa s'obtient avant d'entrer, auprès d'un consulat, et peut être refusé. L'enregistrement se fait après l'arrivée, constate une situation et relève d'un droit. La distinction n'est pas sémantique : elle change l'ordre des démarches et le lieu où on les fait.

Ressortissants de pays tiers : Schengen et permis

Depuis 2023, la Croatie applique les règles Schengen communes : ce n'est plus une destination à part avec ses propres conditions d'entrée.

Le court séjour, 90 jours sur 180

Certaines nationalités sont dispensées de visa, d'autres doivent obtenir un visa Schengen uniforme. Le décompte des 90 jours se fait désormais sur l'ensemble de l'espace Schengen, pas pays par pays : un séjour en Italie ou en Slovénie consomme le même quota qu'un séjour croate.

Le contrôle aux frontières a changé

Le système européen d'entrée et de sortie, l'EES, est pleinement opérationnel depuis le 10 avril 2026, après un déploiement progressif entamé en octobre 2025. Il remplace le tampon sur le passeport par un enregistrement électronique des entrées, des sorties et des données biométriques. Il ne concerne que les ressortissants de pays tiers : les citoyens de l'Union n'y sont pas soumis.

Un second dispositif, l'ETIAS, doit imposer aux voyageurs dispensés de visa une autorisation électronique préalable, sur le modèle américain. Son calendrier a été repoussé plusieurs fois et la Commission annonce qu'elle communiquera la date définitive plusieurs mois avant l'ouverture. Tant qu'il n'est pas en service, rien de nouveau n'est exigé à l'entrée.

Séjour long

Le permis pour nomades numériques

Réservé aux ressortissants de pays tiers, il autorise un séjour allant jusqu'à 18 mois, non renouvelable dans la foulée : il faut quitter la Croatie six mois avant de déposer une nouvelle demande. La condition financière correspond à deux fois et demie le salaire net moyen croate de l'année précédente, soit 3 622,50 € par mois, ou une épargne de 43 470 € pour douze mois et 65 205 € pour dix-huit. Les revenus doivent provenir de l'étranger : ni l'employeur ni la société ne peuvent être enregistrés en Croatie.

Le permis nomade numérique en détail

L'OIB, le numéro qui débloque tout le reste

L'osobni identifikacijski broj est le numéro d'identification fiscal croate. C'est la première démarche à faire en arrivant, et de loin la plus structurante : sans lui, impossible d'ouvrir un compte bancaire, de signer un bail, de souscrire un abonnement, d'acheter un bien immobilier, de créer une entreprise ou de déclarer ses revenus. Il se demande gratuitement auprès de n'importe quel bureau des impôts, la Porezna uprava, et s'obtient en quelques jours ouvrables.

Comment obtenir son OIB

L'ordre des démarches compte

Beaucoup d'arrivants se retrouvent bloqués dans une boucle : la banque demande un justificatif de domicile, le propriétaire demande un OIB, et l'enregistrement de séjour demande une preuve de ressources et de couverture maladie. La séquence qui fonctionne est donc : OIB d'abord, puisqu'il ne dépend de rien, logement ensuite, enregistrement de séjour et banque enfin. Une couverture santé souscrite avant le départ sert de justificatif au guichet et évite de perdre plusieurs semaines.

Justifier d'une couverture maladie

ChapkaCitoyens UE

Cap Tempo Expat

  • Sert de justificatif de couverture au guichet du MUP
  • Souscrite avant le départ, donc disponible le jour du rendez-vous
  • Pensée pour une expatriation de durée déterminée
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SafetyWingPays tiers

Nomad Insurance

  • Souscription au mois, adaptée à un dossier de permis nomade numérique
  • Couvre les déplacements entre pays, pas un seul séjour
  • Renouvelable une fois sur place
Voir l'offre SafetyWing

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La fiscalité croate, en aperçu

Le sujet mérite une page entière, mais trois notions suffisent à comprendre où l'on met les pieds.

La résidence fiscale

Elle bascule en Croatie au-delà de 183 jours de présence sur l'année, ou dès lors que le foyer permanent s'y trouve. C'est elle qui détermine le pays d'imposition, pas la nationalité ni le lieu de versement des revenus.

La convention franco-croate

Signée le 19 juin 2003, entrée en vigueur en 2005 et applicable depuis 2006, elle remplace la vieille convention franco-yougoslave de 1974 encore citée sur certains forums. Elle répartit le droit d'imposer entre les deux pays, revenu par revenu.

L'impôt local variable

Depuis 2024, chaque commune croate fixe elle-même ses taux d'impôt sur le revenu. Un même salaire brut ne donne donc pas le même net selon la ville où vous êtes domicilié, ce qui rend les simulateurs génériques peu fiables.

Créer une société ou travailler

Les statuts

Le d.o.o. est l'équivalent de la SARL, le j.d.o.o. sa version simplifiée à capital réduit, et l'obrt l'entreprise individuelle, plus simple pour une activité de service. Le vrai poste à étudier avant de choisir n'est pas le capital mais les charges sociales pesant sur le dirigeant.

Créer une société en Croatie

Travailler comme salarié

Un citoyen de l'Union accède au marché du travail croate sans permis : l'obstacle est économique, pas administratif. Un ressortissant de pays tiers a besoin d'un permis de séjour et de travail, généralement adossé à un employeur. Le permis nomade numérique, lui, interdit explicitement de travailler pour un client croate.

Travailler en Croatie

Sources : ministère de l'Intérieur croate pour le séjour temporaire et le permis des nomades numériques, ministère français de l'Europe et des Affaires étrangères pour l'entrée en service du système EES, convention fiscale franco-croate du 19 juin 2003 publiée au Journal officiel. Contenu informatif, vérifiez votre situation auprès des administrations compétentes avant toute démarche.

Questions fréquentes

Ce qu'on nous demande le plus souvent sur les formalités croates.