
Visiter Pula : le guide complet
Un amphithéâtre romain complet, un forum antique toujours vivant, et cinquante kilomètres de tunnels sous la ville. Pula ne se visite pas comme une station balnéaire.
Pourquoi visiter Pula ?
Pula occupe la pointe sud de l'Istrie, en Croatie, et c'est la seule ville du pays où l'Antiquité tient encore le centre. Son amphithéâtre romain, l'Arène, est le sixième plus grand conservé au monde et surtout le seul à avoir gardé l'intégralité de son mur d'enceinte et ses quatre tours latérales. À dix minutes à pied, un arc de triomphe, un temple d'Auguste et un forum qui sert toujours de place centrale. Ce que les guides oublient : Pula fut aussi le grand port de guerre austro-hongrois, ce qui lui a laissé des forts, un arsenal et un sous-sol percé de tunnels. On vient donc y visiter une ville d'histoire, avec les plages et les campings de Verudela et du Kamenjak à portée immédiate.
L'amphithéâtre romain
L'année de son achèvement
Sous l'empereur Titus, la même décennie que le Colisée. Il pouvait accueillir environ vingt-trois mille spectateurs, pour une ville qui en comptait bien moins : l'édifice servait toute la région.
La hauteur du mur
Trois niveaux d'arcades côté mer, deux seulement côté terre : le bâtiment s'adosse à la pente, une astuce d'économie qui explique sa silhouette asymétrique quand on en fait le tour.
Ce qui le rend unique
C'est le seul amphithéâtre romain à avoir conservé ses quatre tours latérales et la totalité de son enceinte. Le Colisée est plus grand, mais amputé : ici, on voit ce que voyait un spectateur du Ier siècle.
Il sert encore, et c'est le meilleur moyen de le voir
L'Arène accueille des concerts tout l'été et le festival du film de Pula, né en 1954, qui projette sur écran géant au milieu des gradins. Assister à une séance ou à un concert coûte souvent le prix d'un billet de visite et donne une tout autre idée du lieu. En journée, les souterrains abritent une exposition sur la production d'huile d'olive et de vin dans l'Istrie antique, installée dans les galeries qui servaient aux gladiateurs et aux fauves.

Que faire à Pula ?
La ville antique tient dans un carré de dix minutes à pied. Le reste demande une voiture ou un bateau.
L'arc des Sergii
Un arc de triomphe élevé par une famille patricienne locale, à ses frais, pour marquer l'entrée de la ville. Il était adossé à une porte de l'enceinte, démolie depuis, ce qui explique qu'il paraisse aujourd'hui posé au milieu d'une rue.
Le temple d'Auguste
Sur le forum, qui reste la place centrale de la ville deux mille ans plus tard. Le temple a été détruit par une bombe en 1944 et reconstruit à l'identique avec ses propres pierres, ce qui en fait autant une œuvre de restauration qu'un vestige.
Le forum
Rare cas de place antique restée le centre vivant d'une ville moderne : cafés, mairie et marché s'y tiennent toujours. On y lit d'un seul regard la superposition romaine, vénitienne et austro-hongroise.

La Zerostrasse, sous vos pieds
C'est la visite que personne n'anticipe. Pula étant le principal port de guerre de l'Autriche-Hongrie, la ville a été percée pendant la Première Guerre mondiale d'un réseau d'abris et de galeries capable d'accueillir plus de cinquante mille personnes, soit presque toute sa population de l'époque. Une partie du réseau, la Zerostrasse, se visite sous la colline du château.
Le château et le musée
La forteresse vénitienne à quatre bastions domine la vieille ville et abrite le musée historique et maritime de l'Istrie. On y monte surtout pour le tour de remparts, qui donne la meilleure vue sur l'arène et le port.
L'autre Pula : le port de guerre austro-hongrois
C'est la couche que les guides sautent, et celle qui explique la ville d'aujourd'hui bien plus que les Romains.
Un village devenu métropole
Quand Vienne choisit Pula comme base principale de sa marine, au milieu du XIXe siècle, la ville compte quelques milliers d'habitants. En cinquante ans, elle est multipliée par dix. Les immeubles ocre du centre, l'hôpital, le théâtre et le parc datent tous de cette poussée.
Une couronne de forts
Des dizaines d'ouvrages fortifiés ceinturent la baie, sur les hauteurs comme sur les îlots. Beaucoup sont à l'abandon et se visitent librement, à ses risques ; d'autres accueillent des expositions ou des concerts. C'est un terrain de jeu inépuisable pour qui aime ce genre de patrimoine.
Le chantier naval, toujours là
Les grues du chantier d'Uljanik, fondé sous l'Autriche, dominent encore le port et se sont mises à s'éclairer la nuit. Cela déplaît à ceux qui cherchent une carte postale : Pula est une ville qui travaille, pas un décor.
Faut-il y dormir ou seulement y passer ?
La question revient souvent, et la réponse dépend de ce que vous cherchez. Pula n'a pas le charme immédiat de Rovinj : c'est une ville portuaire de cinquante mille habitants, avec des immeubles des années 1970 à côté des vestiges romains, un chantier naval en activité et une vraie vie hors saison. En échange, elle offre des prix plus bas, des restaurants ouverts toute l'année, un aéroport à quelques kilomètres et l'accès le plus direct au Kamenjak et aux Brijuni. Pour un séjour de deux ou trois nuits en Istrie du sud, elle est la base la plus pratique ; pour une nuit unique dédiée à la carte postale, Rovinj gagne.
Les plages de Pula
Comme partout en Istrie, ce sont des rochers et des galets, jamais du sable. La différence se joue sur l'aménagement et sur la distance depuis le centre.
Verudela, à dix minutes
La presqu'île juste au sud de la ville, reliée par les bus urbains, concentre les plages accessibles et les hôtels. Hawaii, installée dans une ancienne carrière aux parois vertigineuses, est la plus spectaculaire ; Ambrela est la plus familiale, avec du gravier fin et des services.
Le cap Kamenjak, à vingt kilomètres
La vraie récompense. Un parc naturel à la pointe sud de l'Istrie, sans une construction : des landes rases, des pistes de terre, et des dizaines de criques taillées dans le calcaire où l'on se baigne depuis les rochers. On y entre en voiture ou à vélo, contre un droit d'accès. Prévoyez des chaussures, de l'ombre et de l'eau : il n'y a presque rien sur place.

Pula et ses environs
Tout ce qui compte se trouve dans les vingt kilomètres au sud et à l'ouest de la ville.
Le camping, version istrienne
Verudela, Medulin et Premantura alignent de très grands domaines en bord de mer, avec mobil-homes, piscines et accès direct à l'eau. Rien à voir avec un terrain municipal, et les tarifs d'août s'en ressentent.
Le camping en IstrieCentre-ville ou bord de mer
Le centre met l'arène, le forum et les restaurants à pied, mais ses plages sont à dix minutes de bus. Verudela offre l'inverse. Pula étant une vraie ville et pas une station, le centre reste vivant hors saison, ce qui est rare sur cette côte.
Les îles Brijuni
Le parc national se rejoint en bateau depuis Fažana, à dix kilomètres au nord. Quatorze îles, une résidence d'été de Tito, des vestiges romains et un parc animalier. Visite encadrée, à réserver à l'avance en été.
Réserver son séjour à Pula
Arène, Brijuni et excursions
- Billets pour l'amphithéâtre et visites guidées de la ville romaine
- Excursions en bateau vers le parc national des îles Brijuni
- Annulation gratuite jusqu'à 24 h sur la plupart des offres
Hôtels et campings
- Verudela et Medulin regroupent les grands campings en bord de mer
- Le centre historique met l'arène et le forum à pied
- Juillet et août se réservent tôt : Pula est la ville la plus visitée d'Istrie
Liens partenaires. Nous percevons une commission si vous réservez, sans surcoût pour vous.
Comment y aller et quand partir
L'aéroport, tout près
L'aéroport de Pula, code PUY, se trouve à quelques kilomètres du centre, ce qui en fait l'un des plus pratiques du pays. Les liaisons sont surtout saisonnières : l'offre s'étoffe d'avril à octobre et se réduit fortement l'hiver.
Rejoindre la Croatie en avionPar la route
Trieste est à deux heures, Venise à trois heures et demie, Zagreb à trois heures par l'Ypsilon puis l'autoroute. C'est la ville croate la plus facile à atteindre depuis l'Italie, et la plus éloignée de la Dalmatie.
Louer une voitureQuand venir
L'Istrie étant plus au nord que la Dalmatie, sa mer est plus fraîche et sa saison de baignade plus courte. Juin et septembre offrent le meilleur compromis ; l'été, la ville reste supportable grâce à ses rues étroites, contrairement aux fronts de mer dalmates.
Questions fréquentes
Ce qu'on nous demande le plus souvent avant de visiter Pula.